Cantine Communautaire à Cite Soleil

July 10, 2010

 Joegodson et Paul

Les gens de Simon ont achevé leur plan pour le projet qui répond à leurs préoccupations les plus pressantes. Les deux premiers organismes communautaires, FFAMIPL et DAD, ont uni leurs forces pour imaginer la Cantine Communautaire à Cité Soleil. Au cours des prochains jours, nous allons réfléchir à cette initiative de plusieurs perspectifs. Nous encourageons commentaire.

Les dirigeants locaux offrent un programme qui répond à une série de crises intensifiées depuis le tremblement de terre menaçant de saper l’avenir des communautés comme Simon. Ils font valoir que, depuis le coup de 2004, Cité Soleil a subi des difficultés socio-économiques à la suite d’un état indifférent (aux pauvres) et une culture de fraude et de détournement de fonds établi par de nombreuses ONG internationales et locales. Les constitutions de DAD et FFAMIPL envisagent un développement local et communautaire intégré dans une économie nationale. La Cantine Communautaire de Cité Soleil prépare le chemin vers un avenir souhaitable en combattant un problème actuel. Pour le réaliser, les résidents de Simon auront besoin du soutien des individus, organisations et institutions de bonne volonté.

La cantine vise à assurer un avenir sain pour les prochaines générations.

Les dirigeants du quartier ont conçu la Cantine visant à interrompre un phénomène inquiétant. Même avant le tremblement de terre, il y avait peu de possibilités pour les gens de Simon de gagner assez d’argent pour survivre, et encore moins de vivre en dignité. Les usines de sous-traitance étrangères au parc industriel Sonapi à coté de Simon fixent la norme des salaires et les conditions de travail. Aucun être humain n’accepterait ces conditions sauf en absences d’alternatives. Depuis le tremblement de terre, de nombreuses personnes ont perdu leur emploi peu rémunéré. Ils n’ont plus moyen de nourrir leurs familles et  les personnes à charge. Normalement, en Haïti, les travailleurs salariés partagent leur paie avec la famille et les amis qui contribuent d’autres choses au ménage : le travail domestique, la récupération, de l’agriculture à petite échelle, et ainsi de suite. Depuis le séisme, les fils du tissu social se détériorent. En conséquence, les personnes qui étaient autrefois dépendant d’un salarié sont maintenant affamées.

Les adolescents, même des enfants, ont recours à la prostitution. Ils échangent leur corps pour se nourrir. Ceux qui, autrement, ont pris soin d’eux ne peuvent plus trouver les ressources. Les gens de Simon voient partout les jeunes appauvris vendre leur corps, leur dignité et leur avenir. Les adultes ont toujours vendu leur travail pour des salaires insuffisants dans les usines à Sonapi. Maintenant, leurs jeunes vendent leur corps afin que ceux qui ont les moyens financiers puissent assouvir leurs désirs sexuels sans même payer les enfants assez pour satisfaire leur faim. Les enfants restent affamées et mal nourries, biologiquement et spirituellement. Et ainsi, ils restent vulnérables.

Si Simon pouvait assurer ses membres les plus vulnérables d’un repas chaud et nutritif par jour, alors ils ne seraient plus à la merci de ceux qui exploitent leur faim. Ainsi, le projet vise à répondre à un droit de l’homme fondamental: la nourriture. En plus, la Cantine fournirait des emplois et fonctionnerait comme centre d’activité communautaire.

Dans cette perspective, les dirigeants communautaires ont demandé à l’ONG irlandaise, Haven, de financer la construction d’un centre communautaire où la Cantine fonctionnera. Haven avait déjà financé la construction de latrines communautaires. Maintenant, l’édifice est construit et, à l’exception de quelques finitions, attend opérations.

Jhony, de l'ONG locale DAD, s'entretient avec un représantant de Haven. En arrière et en haut se trouve la nouvelle structure qui va servir de catine communautaire.

FFAMIPL et DAD ont élaboré soigneusement un programme pilote de quatre mois dont l’objectif est d’offrir à 250 personnes du quartier un repas chaud nutritif une fois par jour, entre midi et quatorze heures. La nouvelle Cantine offrira un environnement salubre pour le repas communautaire. Certains artistes locaux ajoutent du caractère. Chaises et tables restent à construire, mais Simon ne manque pas de compétences. Une grande partie de l’équipement de cuisson est disponible localement. Toutefois, certains éléments devront être achetés en République dominicaine.

Les cuisiniers et cuisinières seront embauchés au sein de la communauté sur une base rotative pour assurer que le plus grand nombre peut bénéficier du programme. Les jeunes seront embauchés comme auxiliaires et plongeurs pour assurer un lieu propre et sain. Ainsi, cette initiative va non seulement nourrir les affamés, mais apporter de l’argent bien nécessaire dans la communauté.

Les membres de l'ONG du quartier sont reconnaissable en maillot bleu avec le logo de DAD.

Un des atouts du programme est qu’il budgète pour l’achat de produits locaux. Non seulement les cuisinières haïtiennes vont préparer les repas, mais elles offriront la cuisine locale appréciée par les gens de Simon. Les réseaux qui existent déjà entre les résidents de Simon et de leurs communautés rurales natives seront renforcés pour assurer un marché pour les produits haïtiens. L’autosuffisance est l’objectif à long terme de ces ONGs de Simon, en collaboration avec d’autres communautés à travers Haïti.

Le programme s’adresse aux femmes, enfants, personnes âgées et handicapés : ceux les plus vulnérables de Simon selon les groupes communautaires. Chaque repas est évalué à trois dollars américains. Les participants paieront cinquante cents. La moitié de cet argent servira à embaucher des personnes locales pour nettoyer les rues et l’autre partie sera conservée pour des projets futurs de la collectivité. Donc, si quelqu’un n’a pas cinquante sous, il peut travailler en nettoyant le voisinage pour l’avoir. Le coût total du programme est calculé à 168,000.00 $ US, y compris les produits, les infrastructures et les salaires. Tout l’argent restera en Haïti, dans l’un des quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince et dans la campagne en faveur de la production agricole paysanne.

Le slogan du programme est An-n manje pou gen fos poun rekonstwi ayiti : Nous devons manger pour avoir la force pour reconstruire Haïti.

Première page du programme. Voir, sur ce site, la page Simon.

Les détails de la proposition peuvent être trouvés sur ce site à la page intitulée «Simon». Les contacts à Cité Soleil sont Cyril Bodelais de FFAMIPL (ffamipl@yahoo.fr) et Jhony de DAD (509 37 31 30 42).

Ils sont à la recherche d’organismes capable de financer ce programme. Voir la page FFAMIPL pour la documentation attestant l’accréditation FFAMIPL par l’État haïtien.

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2 Responses to “Cantine Communautaire à Cite Soleil”

  1. JEAN CLAUDE LEGAULT said

    ON VA MANGER PENDANT 4 MOIX ET APRÈS .. ON VA JEUNER.FAUDRAIT UNE COUPLE D’ANNÉE POUR ÊTRE RÉALISTE

    • Joegodson répond (par téléphone): Comme les ONGs de Simon n’ont pas touché un seul goud jusqu’à date après des multiples efforts, (sauf de Haven pour la construction seulement), elles proposent un projet pilote, pas trop coûteux, pour ne pas dissuader les partenaires potentiels. Les vrais besoins sont énormes. Même ce projet ne répond pas à la faim actuelle à Simon.

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