Roches au soleil …

July 2, 2010

(English below)

Joegodson et Paul

Woch nan dlo pa konn misè woch nan solèy. Une roche dans l’eau ne connaît pas la misère d’une roche au soleil.

Antonia et Joegodson attendent un bébé. Ils se sont réunis avec leur pasteur, le mardi.

Le pasteur voulait des réponses fermes à des questions précises: ‘Que faites-vous maintenant? Quels sont vos projets actuels?’

Joegodson décrit nos efforts pour établir un réseau à travers lequel les artisans locaux et des travailleurs qualifiés pourraient commercialiser leurs créations aux clients dans des pays plus riches à des prix justes et ainsi échapper à la pénurie de l’exploitation. Un peu hésitant, il a également mentionné le livre qu’il est en train d’écrire avec (ce) co-auteur canadien. Le livre décrit nos expériences dans l’économie mondiale et se penche sur les relations entre riches et pauvres.

Le pasteur regarda Antonia et Joegodson sans compréhension apparente. Que pourrait-il fait de cet homme à l’apparence de garçon sorti de Cité Soleil qui se prétend écrire un livre sur les thèmes prétentieux? Tout lecteur qui a osé sortir d’un rôle proscrit pourrait comprendre Joegodson face à la réponse: mets-toi au travail! Le pasteur leur a conseillé que Joegodson doit trouver un emploi suffisamment rémunérateur pour qu’il puisse construire un abri sur le terrain qu’ils ont réclamé à Canaan le mois dernier.

Plutôt au matin, Joegodson avait parlé avec son ami et collègue ébéniste, Joseph, à Delmas 19. Un ami charpentier de Joseph est arrivé pour lui demander s’il s’intéressait à travailler comme menuisier avec un groupe qui construit des abris temporaires dans le quartier. Joseph accepte en principe, bien qu’il ait un autre petit travail à terminer avant. Ainsi, Joegodson prit sa place lors de la réunion, les deux apportant leurs compétences en menuiserie en échange d’un salaire.

Le dépôt contrôlé par Mme Nicole à Delmas 19 à Port-au-Prince. De là, sans salaire, les travailleurs haïtiens construisent des abris de USAID.

 Alors Joegodson suivi le collègue au bureau, non loin de là, dirigée par une femme haïtienne appelée Mme Nicole. En face de sa maison, des jeunes hommes haïtiens s’étaient réunis avec leurs propres outils, prêts pour la journée de travail. Après trente minutes, un contremaître leur demande d’entrer pour discuter un peu avant de commencer. Joegodson joint à la réunion, même s’il n’a pas été encore officiellement accepté sur le projet.

Le contremaître commence par souhaiter la bienvenue à tous:

Chers amis, je dois vous parler de vos plaintes. Je sais que les choses ne vont pas très bien pour vous, d’autant plus que beaucoup d’entre vous sont des pères de famille. D’autres ont des responsabilités, même si vous n’êtes pas les pères. Je sais que beaucoup d’entre vous ne vivent pas à proximité, vous avez à prendre le transport en commun pour se rendre ici et vous ne laissez rien à la maison pour vos femmes, vos enfants, et d’autres. Je sais aussi que beaucoup d’entre vous travaillent toute la journée sans rien à manger – faute d’argent. Mais écoutez, frères: essayez de construire un pont en empruntant de l’argent à vos proches ou vos amis à traverser la période actuelle. Cela a déjà pris quelques mois, mais CHF ne vous décevra pas, parce que c’est une ONG de réputation internationale. Même si cela prend quelques mois, vous recevrez votre argent et vous serez en mesure de réaliser vos rêves. Le problème est que CHF a beaucoup de responsabilités au-delà de ce projet de construction d’abris, comme la stabilisation de la région et ainsi de suite. Vous comprenez la situation et je pense qu’avec de la patience, vous serez contents.

Après qu’il fut terminé, un ingénieur a repris et se mis dans le même sens. Il explique que chaque logement vaut 10.000 dollars haïtiens, y compris les matériaux et le travail (2.000 $ US.) Le travail devait comporter trois personnes: deux patrons et un travailleur. Chaque chef devait recevoir 150 dollars haïtiens et chaque travailleur 50 dollars haïtiens par jour (10 $ US). Les travailleurs devaient construire un abri par jour ou risquent de perdre leur emploi … jusqu’à là non-rémunéré. En fait, comme Joegodson allait apprendre dans la réunion, après des mois de travail pour CHF, financé par l’USAID, aucun travailleur haïtien n’a pas encore été payés quoi que ce soit. Pas un seul cent. (On peut supposer que les gestionnaires haïtiens avaient été payés.)

Quand ils eurent fini, l’un des travailleurs (un chef d’équipe) ont pris la parole. Il leva la main et demanda au comité de l’examiner:

Il y’a cinq doigts, mais ils ne sont pas tous de la même longueur. De même, nous n’avons pas tous les mêmes moyens financiers. Il est vrai que nous avons tous des voisins, mais tous les voisins ne sont pas les mêmes. Un voisin peut être en mesure de vous aider pour un couple de semaines, pas pendant plusieurs mois.

Il a résumé la situation utilisant un aphorisme haïtien : Woch nan dlo pa konn misè woch nan solèy. Une roche dans l’eau ne connaît pas la misère d’une roche au soleil. Il a demandé si CHF se comportait pareil si elle était à la place des travailleurs haïtiens sans-abri. Il a dit que même la moitié de la rémunération qui leur était dû suffirait à soulager les souffrances.

Mme Nicole a pris la parole pour expliquer aux travailleurs comment fonctionnent des ONG étrangères, du point de vue de quelqu’un qui travaille à l’intérieur de CHF. Elle parla d’un homme qui a travaillé pendant des mois pour une ONG étrangère, sans être payé de tout. Enfin, toutefois, le travailleur a reçu, tout à coup, 15.000 dollars haïtiens qu’il a ensuite utilisé pour acheter un lopin de terre qu’il visait depuis longtemps. Elle a poursuivi:

Mes chers amis, je ne dis pas que vous avez les mêmes objectifs que cet homme, mais plutôt que vous devez souffrir dans l’espérance. Quand votre femme et vos enfants demandent à ce que vous faites avec l’argent, expliquez la situation pour eux et ils comprendront.

Siège de CHF, Delmas 19

 Un autre travailleur, pas convaincu, a demandé pourquoi CHF n’organise pas d’autres comités pour faire face aux diverses choses qu’elle fait en Haïti. Le porte-parole et Mme Nicole n’avaient pas de réponse.

Maintenant, il était 11h00. Joegodson alla trouver un bénéficiaire de ces abris que ces charpentiers haïtiens ont construits pour CHF. Il a parlé à une femme de la région qui vivait maintenant dans un abri de CHF. Il lui demanda comment elle l’aime. Elle lui a dit que les gens avaient à dire qu’ils les aiment parce que c’était la seule chose offerte. Mais en réalité, dit-elle, les gens dormaient mal à l’aise en eux. Ils étaient en plastique et les voleurs pourraient y pénétrer avec un couteau. Si seulement ils avaient eu l’argent à la place, dit-elle, ils auraient pu faire eux-mêmes des logements décents.

Joegodson a terminé à temps pour qu’il puisse rejoindre sa financée Antonia et ensuite aller rencontrer le pasteur qui, comme le lecteur le sait, lui conseilla de prendre un emploi rémunéré en tant que menuisier afin d’assurer une maison pour sa nouvelle famille.

Plus tard, les deux auteurs ont parlé entre le Canada et l’Haïti, avec beaucoup entre ces deux pays.

Joegodson souffrait de savoir que certaines personnes laissaient entendre que Antonia et lui ne devraient pas avoir le bébé. L’idée même d’une interruption de grossesse a été trop douloureuse à considérer. La réponse à la pauvreté et l’injustice n’est pas la contraception.

Joegodson a été également inquiété par les conseils de son pasteur, mais d’un autre sens. Est-il vrai que, en réponse à la parentalité, il faut accepter la corruption et l’injustice dans le but d’assurer la subsistance de votre propre famille? Si oui, alors quel monde est-ce que l’enfant hérite-il? Comment pouvez-vous honnêtement élever un enfant en bonne santé si vous vous résignez à une société malsaine? Que pouvez-vous apprendre à votre enfant sur la justice et la vérité si vous refusez de faire face à l’injustice et les mensonges? Quels conseils donnerait-le pasteur à Martin Luther King? Mohandas Gandhi? Vandana Shiva? ”Tu vas être un parent maintenant, alors il est temps d’oublier toute cette affaire de justice sociale et de te rendre au travail!” Que doit penser le pasteur de Jésus-Christ?

Bien sûr, Joegodson sait que, peu importe combien de temps il travaille, il y’a une grande chance qu’il ne sera jamais payé. Avec l’argent que CHF dépense pour chaque logement conçu à l’étranger, il pouvait construire sa future famille un château haïtien. Pendant ce temps, CHF ne paie pas les Haïtiens qui travaillent de longues heures et dont les familles sont en attente à la maison, faim.

Ainsi, les objectifs des deux auteurs restent vivants. Nous continuons à ouvrir une fenêtre de la décence – un échange équitable de biens – entre nos deux communautés, et toutes les terres entre les deux.

À venir: la suite, ‘… Roches dans l’eau.’

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